nouveau départ

Comment réinventer son job?

80% des salariés français veulent changer de job en 2019. Warf cela ne fait pas rêver. De là à dire que les bureaux ne sont en fait que des salles d’attente vers un ailleurs meilleur, il n’y a qu’un pas. Concrètement, cela ne veut pas forcément dire en route pour l’escampette professionnelle. En revanche, réinventer une partie de ses missions professionnelles semblent urgent pour la plupart d’entre nous. Et ce n’est pas un phénomène récent…même si le % a doublé entre 2018 et 2019.

Bloqué dans un job en cette période économique morose du Corona virus ? Dévoué à son entreprise, mais ce nouveau job n’est pas à la hauteur de vos espérances ? Trop d’années dans la même config professionnelle ? La situation économique personnelle peut être tendue, et nous amener à rester là. Se mettre en position de « et je reste planter là ..» ne va pas nous donner l’élan pour mettre des paillettes dans nos jobs !

Réinventer ou se faner ?

Avant de se laisser glisser dans une routine tristounette ou d’échafauder des tas de plans de fuite pour le jour où ! Il y a une alternative sympa : repenser proactivement son propre job. S’épanouir au travail n’est pas un luxe. Vaincre l’ennui au travail est possible. Une approche ? le job design ou appelé job crafting. En clair : comment réinventer son poste au sein de sa boite.

Arrivés plein d’entrain dans notre entreprise, la force vive au taquet, on se sentait vivifié par l’éclosion de nouveaux projets. Et puis le temps passe, et lentement nous avons commencé à faner. C’est tout bonnement terrible de se faire suer dans son job, alors que les semaines sont chargées. L’estime de soi se prend une bonne claque, nos épaules s’affaissent et nous avons de moins en moins d’énergie. Peu d’envie pour se préparer à aller bosser, peu d’allant pour entrer dans notre bureau et saluer tous nos collègues… Moins on se sent sûr de soi, moins on recherche de nouveaux challenges, moins on s’en sent capable, et moins on nous en propose. La totale loose.

Au-delà de l’ennui, le désintérêt et la perte de sens peuvent se développer. Ne pas voir comment nos actions sont alignées avec ce que l’on croit au fond de soi être important, est le chemin de la culpabilité. Il devient carrément pénible de travailler tout au long de la semaine. Les émotions varient de l’agacement à la frustration de ne pas être à la bonne place, au bon moment. Parfois, un fort sentiment de découragement et d’impuissance s’installe. Si je ne peux pas quitter mon entreprise, maintenant tout de suite, je fais quoi ?

La fausse bonne idée : l’attente. 

Patienter pour que le projet sympa, ou celui qui nous ferait carrément sortir du lit avec le sourire, arrive par un beau lundi auréolé de lumière. Ou pas…en fait. Généralement, cette idée est âprement discutée avec les collègues les plus cyniques. Ceux qui sont plutôt enclins à l’immobilisme, le « à quoi bon ? » chevillé au corps. Super… en route pour la déprime. Une ambiance pourrie, et, ou, un management absurde pourrait nous faire croire que c’est peine perdue. Je reconnais que ce n’est pas simple, ni de se les coltiner à la machine à café, pfff, ni de demander un changement effectif pronto au boss. Cela dit, ne nous laissons pas démotiver. Nous avons le droit de passer de belles journées.

Sans réelle marge de manœuvre ?

Les managers ont généralement un fort degré d’autonomie et donc la latitude d’apporter des modifications à leur travail. Mais toute réflexion faite, je pense que chacun peut mettre de sa personne, sa touche perso dans son job. Chacun d’entre nous peut prendre son job en main. C’est avant tout une question d’état d’esprit : comment je veux vivre la plupart de mes journées pro ?

Enclencher la dynamique pour aller chercher le plaisir dans son travail au quotidien, dans des petites actions et des gros projets. Quand on pense à ce que cela peut nous apporter, ne serai ce que : apaisement, créativité, motivation, on a envie de commencer tout de suite le programme de réinvention de son poste.

Pourquoi les managers devraient l’encourager ? Pour des tas de raisons, je dirais en top 1 : épanouies, les équipes feront des étincelles. Il est urgent d’arrêter le cadre bien contrôlant, infantilisant et démotivant.  

Deuxièmement, si on est bien dans son job, on reste dans l’entreprise et on performe. Toutes les personnes productives ne sont pas forcément épanouies, certes, mais toutes les personnes épanouies sont forcément productives ! Regardez autour de vous. Le job crafting répond à des besoins et aspirations individuelles. Pour les fanas de chiffres : le concept a été développé en 2001 par deux professeurs américains, A. Wrzesniewski et J. Dutton, et son impact mesuré.

On mérite de vivre son boulot avec sérénité. Simplement. Nous faisons bien, et même mieux ce que nous aimons bien faire. Le temps paraît passer plus vite et nous sommes d’ailleurs plus efficaces.

Je pimpe mon job ou pas ?

Personnaliser son poste, le réinventer afin de le rendre plus attractif demande de prendre un peu de recul sur sa situation.

5 axes de réflexion pour changer d’état d’esprit et qui valent le coup de se faire couler un petit café pour réfléchir à sa réinvention de poste :

  1. La nature du poste, quelle est-elle ? Si vous deviez expliquer au nouveau venu, quel est votre rôle et comment vous contribuez au sein de l’organisation, quel serait votre pitch ? c’est toujours plus agréable de se remémorer comment on contribue à développer des emplois, à former des personnes,… Cela donne du sens à nos actions.
  1. Notre organisation, comment la faire évoluer ? S’octroyer le temps nécessaire à se recharger grâce à des projets qui nous plaisent, ou avec moins de fatigue. Depuis que le télétravail s’est généralisé avec le Covid 19, nous pouvons nous adapter pour travailler à distance. Nous pourrons le négocier plus simplement, tout le monde aura compris l’intérêt, notamment pour se concentrer (sans les enfants…). De plus, les opportunités de travailler différemment se multiplient avec les espaces de co-working, les tiers lieux,…
  1. Nos relations professionnelles, quel est le bilan ? Qui sont les collègues positifs, inspirants ? Gare aux râleurs pros, aux agressifs qui se déchargent sur vous pour se recharger. Un bon mix dans la journée peut vraiment faire la différence sur votre humeur. Vous pouvez délibérément éviter ceux qui vous plombent.
  1. Nos actions, la réalisation de nos tâches, comment les vivons-nous ? Celles qui nous intéressent, celles que nous reportons sans cesse par raslebolite ? Est-ce que la répartition est équilibrée sur la journée, ou la semaine ?  
  1. Rééquilibrer notre état interne pour ne pas se laisser submerger par la morosité, y portons-nous assez d’attention ? Changer la perception que nous avons de notre travail, nous soulage et est un premier pas pour soi. Evidemment, les pauses sont aussi un moyen de se ressourcer.

Je me lance.

Libérons-nous de cette culpabilité qui pointe quand nous décidons de vivre autrement, vivre nos rêves. Autorisons-nous à voir grand ! Découvrir, redécouvrir derrière les impératifs quotidiens ce qui nous fait vibrer.

Prendre conscience de notre manière d’agir jour après jour est un bon exercice pour aller vers un mieux-être certain. Certes, le mode automatique a des avantages, mais à la longue les conséquences sont lourdes en premier lieu pour notre humeur. Bonne ou mauvaise, l’humeur est en nous, s’exprime à travers nos pensées et notre corps… et ne se laisse pas si facilement à la porte du bureau.

Cette observation de nous-même peut s’avérer dérangeante si nous nous réalisons terrible râleur, aigri, plus vraiment proactif et enthousiaste pour quoi que ce soit. Malheureusement, même la routine pourrie présente un certain confort : notre cerveau sait ce qui l’attend au quotidien, il est donc rassuré dans son job de maintien de situation non-dangereuse pour la survie de l’espèce. Rude ! Il n’est pas toujours notre allié et ne va pas d’un coup de baguette magique se mettre en mode festif et créativité à tout-va. Réinventer son job demande un effort.

Réaliser ses zones sombres est une occasion de nous améliorer. Une opportunité pour reprendre la main ! Refouler nos émotions, nos ressentis n’est pas la solution pour s’épanouir. Face au problème, concentrons-nous sur la solution. C’est un état d’esprit. Être proactif permet de limiter le stress.

A force de répétition, les choses deviennent naturelles pour soi. C’est physiologique. Fonçons de ce pas pour programmer dans nos agendas (sinon, bye-bye la bonne résolution) et répéter chaque jour des actions qui nous plaisent, nous font du bien ! Un bon début pour réinventer son job sans tout bazarder. Une autre idée? partagez en commentaire 🙂