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Comment choisir sans faiblir au boulot?

Prendre une décision dans le cadre professionnel est parfois très stressant. Entre l’objectif à déterminer clairement, les critères, les parties prenantes et l’impact du choix, il y a de quoi se faire des nœuds au cerveau. La peur de décider peut-être très puissante… qui n’a pas été face au non-choix de son boss ? celui qui reporte la décision une fois, deux fois minimum pour plus de réflexion. Evaluant sans fin les options à prendre en considération et hypothèses de conséquences. Evidemment, cela dépend en grande partie du caractère irréversible ou pas du choix.

Pourquoi est-ce si difficile de se décider ?

Nous prenons pourtant des tas de décisions au quotidien. Du saut du lit jusqu’au coucher, tant sur le plan perso que pro, chaque action est pratiquement un choix. Néanmoins,  trop c’est trop.. et parfois nous nous sentons dépassés par la multitude de possibilités.

Notre usine à arbitrer est bien rodée : nous évaluons les options possibles pour pouvoir éliminer certains choix rapidement. Ensuite, nous comparons les possibilités restantes. Quand il s’agit du parfum de votre sorbet, cela se décide assez tranquillement. Plus le choix nous semble important, plus nous rationnalisons. En conséquence de quoi, nous dégainons la colonne des pours et des contres. Ces colonnes face à nous, la perception globale de la situation est plus nette. Pour autant, êtes-vous prêt à trancher ?

Partant de ce fait, les colonnes sont assorties de nos questions clés : est-ce que c’est bon pour moi ? qu’en pense mon entourage ? est-ce réaliste ? est-ce compatible avec mes valeurs ? Pas toujours suffisant pour des questions business.

La citation attribuée à A. Gide souligne encore un autre aspect : « Choisir, c’est renoncer. » Et renoncer, peut s’avérer tortueux. Ecarter une possibilité, nous rappelle que l’on ne peut pas tout avoir. Choisir implique aussi de prendre la responsabilité de sa décision. Mais si l’on ne renonce à rien, on ne fait rien non plus ! CQFD. S’auto-motiver revient à se dire que s’engager crée des OPPORTUNITES.

J’attends une autre info…

Hésiter longuement, mariner sous pression est lié à une peur bien courante : peur de se tromper, ou la crainte de décevoir. C’est alors une piste à creuser pour soi, développer une nouvelle compétence et gagner en sérénité. Nous pouvons aussi ressentir de fortes émotions de colère ! Colère contre nous qui n’avançons pas, pas assez vite, ou envers la situation qui bloque. En revanche, si l’indécision fait partie de notre quotidien, alors peut-être faut-il creuser du côté d’un manque d’estime de soi. 

Par ailleurs, reporter la décision entraine régulièrement un certain mal-être. La réflexion tourne dans notre back office interne et nous prend littéralement la tête. Parfois, cela est lié à l’espoir d’obtenir une nouvelle information qui va sécuriser notre option. Certains espèrent que les circonstances vont imposer des choix, qu’il sera alors bon de se laisser porter par le courant. Autant se préparer à évaluer les options avec méthode, cela sera moins risqué pour les affaires.

Le pifomètre ?

La fausse bonne idée : se fier uniquement à son flair. Se la jouer à vue de nez. A l’instinct. Y aller au talent ! #jecotoiedesdjeuns

Faire des choix en suivant sa nature optimiste, c’est souvent choisir vite et se dire que de toute façon il s’agit là d’une aventure. Très bien. Optimiste ne veut pas dire inconscient ! Tout est une question de dosage et d’enjeux bien sûr.

S’interroger en mode pessimiste, est-ce plus efficace ? C’est-à-dire évaluer chaque hypothèse et les risques, pour tuer le doute ? L’avantage est que le choix est souvent bon, très réfléchi, à l’extrême il peut rendre le choix encore plus difficile.

Deux méthodes à tester

La situation est complexe, stressé, on ne cesse de bifurquer sur de nouvelles options de choix.

Face à un excès d’informations, qui nous amène à penser qu’il nous faudrait d’ailleurs plus d’informations sur tel ou tel aspects, nos pensées ont du mal à s’organiser.

La pression du temps disponible pour décider peut nous amener à choisir dans un cadrage serré. Attention au risque d’une vision un peu trop simpliste. Parfois, il suffit de prendre juste le temps de se poser les questions différemment plutôt que de manière binaire (je dois x pour obtenir y = comment je peux obtenir y) pour ouvrir de nouvelles perspectives.

#1    L’analyse winner – looser

Décider de faire ou de ne pas faire, telle est la question ! Vis-à-vis de l’action à conduire, il est important de réfléchir sur les enjeux. C’est-à-dire qui est l’acteur concerné ou le groupe d’acteurs et de noter les conséquences positives ou négatives selon la décision prise. Le schéma suivant est tout simple et assez puissant pour guider sa réflexion.

outil choix

La décision à prendre tiendra compte de ce que nous avons à « perdre », si nous prenons cette décision ou si nous ne la prenons pas. L’avantage : force à poser sur papier en phrase simple et claire la substantifique moëlle de nos pensées qui cavalent en cas d’incertitude

#2    Décortiquer. Same Players, play again !

Si la situation est plus complexe, la grille d’analyse stratégique suivante peut vous aider. Cette grille est un outil de management qui aide à clarifier les jeux des différents acteurs impliqués. L’idée est de comprendre les logiques d’action des acteurs et de cerner les stratégies mises en œuvre.

En réalisant ce travail, vous vous imprégnerez des positions de chacun. En vous mettant à leur place, en changeant d’angle de vue, cela vous apportera un éclairage différent sur votre problématique. Connaitre les enjeux des autres personnes qui sont importantes et impliquées dans vos choix vous aidera à prendre votre décision.

Le plus rapide est de se lancer dans un petit tableau. Dessiner autant de colonnes que d’acteurs clés concernés et 5 lignes.

Colonnes :

  • Une par acteur
  • Une pour vous

En ligne :             

  1. Objectifs
  2. Enjeux
  3. Atouts
  4. Contraintes
  5. Stratégies d’action

 

Le piège ? Ne pas jouer le jeu et ne se baser que sur soi. Sur ce point, regarder la situation uniquement avec votre angle de vu, vos problématiques, vos contraintes ou leviers rendra la méthodo caduque.  Evidemment, vous ne pourrez pas toujours poser des questions directes, il vous faudra alors deviner. Ces informations seront basées sur les données disponibles ou les hypothèses prises avec d’autres collabor       ateurs. Ce qui est certain, c’est que d’avoir posé ces éléments, réfléchit à chacune de ces cases, vous donnera indéniablement un bel atout dans la discussion.

Vous pourrez argumenter, répondre aux objections. Vous serez le maître à bord de la discussion, à même de la conduire de manière constructive.  

Au lieu de gamberger et tergiverser, et du coup de stresser en oubliant un jour sur deux un morceau de réflexion de la veille, vous êtes or-ga-ni-sé. Selon la complexité de la situation, le processus peut être itératif. Veillez à définir un moment calme où l’esprit est apaisé, clair, et que vous vous sentez capable de vous plonger réellement au moins un quart d’heure sur le sujet. Ensuite, passer à autre chose. Cette mécanique peut permettre de laisser les idées reposer, et de revenir avec un cerveau rechargé pour poursuivre le cheminement de manière plus efficace encore.

Sous pression, vous pouvez avoir l’impression de perdre du temps avec ces allers retours. En réalité, vous STRUCTUREZ votre approche, vous AFFÛTEZ vos arguments et PREPAREZ votre feuille de route. La prise de décision n’est pas un exercice simple, plus vous vous entraîner à ces méthodes, plus vous serez rapide et serein.

Prendre une décision sereinement, c’est aussi accepter qu’une partie des conséquences nous échappent !

Une méthode, un outil à partager ? laissez-nous un commentaire.